Jésus observe les gens qui font une offrande au Temple, beaucoup de riches y déposent de grosses sommes, mais Jésus ne s’arrête pas aux apparences.

Il attire l’attention de ses disciples sur une pauvre veuve qui dépose deux petites pièces de monnaie. Extérieurement, cette pauvre femme n’a rien pour attirer l’attention, mais intérieurement, elle possède la richesse du coeur, elle vient de donner tout son avoir. C’est sur elle que Jésus pose son regard :

« Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence :  elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » (Mc 12, 43-44)

Le regard de Jésus dépasse les apparences, il voit le fond des coeurs.

II est touché par cette femme qui donne tout son avoir, elle donne son nécessaire.

Tout comme la veuve de Sarepta dans la première lecture accepte de partager avec Élie le peu de nourriture qu’il lui reste pour elle et son fils. (1R17, 10-16), la veuve de l’évangile donne tout son avoir : deux petites pièces de monnaie.

Ces deux femmes se ressemblent, elles donnent généreusement et pour la suite, elles font confiance, elles s’en remettent à Dieu.

Jésus voit-il dans l’obole de cette veuve une image de sa propre offrande? Lui, qui par amour, fera librement le don de sa propre vie et qui la remettra entre les mains du Père.

Je suis à la fois étonnée et émerveillée de constater que souvent les gens qui possèdent peu de biens matériels acceptent généreusement de partager leur peu. Leur grande richesse est celle du coeur.

Partager son superflu plutôt que de tout garder pour soi, c’est généreux, c’est très louable, mais donner de son nécessaire c’est autre chose.

Nous partageons avec les démunis, nous donnons à la guignolée, nous donnons à différentes oeuvres caritatives, c’est super!

Cependant, quand nous n’avons pas de superflu, quand nous donnons ce qui nous est nécessaire, nous partageons alors la condition de celui avec qui nous partageons, car comme lui nous expérimentons le manque.

Est-il possible que vivre l’expérience du manque puisse nous permettre d’ouvrir plus grand notre coeur à l’amour et au partage?

Méditons cette citation laissée par l’Abbé Pierre (Notes personnelles, 1968) :

“On ne donne pas ce qu’on possède, on ne possède que ce qu’on est capable de donner ; sinon, on est possédé.”

Micheline Vaillancourt Gagnon Évangile (Mc 12, 38-44) – 1re Lecture (1R 17, 10-16) 7 novembre  2021