Services en ligne, service à l’auto, services automatisés, service à domicile, service aux clients service après vente, station service et la liste pourrait s’allonger à l’infini. Décidément le service est à la mode aujourd’hui. C’est à croire que le monde entier s’est transformé en service pour mieux vous “servir”.

Le service auquel je m’intéresse présentement est d’un autre ordre; il est  don de soi, amour, générosité, dévouement, gratuité. C’est le service auquel Dieu nous appelle, c’est le 4e des 5 essentiels de la vie chrétienne. Dieu nous fait l’honneur de nous associer à son oeuvre, Il a besoin de nous pour y collaborer. Servir Dieu,  c’est donc apporté notre contribution à son projet d’amour pour l’humanité, c’est servir son prochain à l’exemple de Jésus. C’est  pourquoi à  la dernière Cène, après avoir lavé les pieds de ses disciples, Il leur dit: « Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous? Si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres; car c’est un exemple que je vous ai donné ».(Jean 13,12-15) Servir, c’est pour ainsi dire un “service essentiel” de la foi chrétienne. Ce service devient ministériel lorsqu’il est exercé au sein de la communauté ecclésiale et en son nom. Ainsi passer des feuillets paroissiaux de portes en portes est un ministère aussi bien que lire la Parole ou animer les chants lors d’une célébration liturgique.

Pour servir dans la joie, il est important de se  respecter dans ce que l’on est ;ses goûts, ses talents, ses possibilités, en utilisant au meilleur de soi-même les dons que Dieu nous a donnés. Bien entendu en situation d’urgence, ce n’est pas l’attitude à adopter. Le bon samaritain de l’Évangile n’a pas consulté ses goûts avant de réagir devant le juif blessé. (Luc10,29-35). Mais lorsqu’il s’agit d’une mission à long terme , nous serons plus utile si nous aimons ce que nous faisons et avons des aptitudes pour le faire.( Ainsi quelqu’un qui déteste le travail administratif ne se proposera pas comme gérant de fabrique.)

Si grande ou si petite soit la tâche qui nous est confiée, c’est dans l’humilité que le bon serviteur l’accomplira, sans envier celle des autres, sans rechercher celle qui a le plus de notoriété.  Aux yeux de Dieu ce n’est l’importance de la tâche qui compte mais l’amour avec lequel nous l’accomplissons et l’usage que nous faisons des dons qu’Il nous a octroyés. Rappelons-nous la parabole des talents. (Matt 25,14-30)

Le véritable serviteur est celui qui a d’abord accompli un travail sur lui-même en se laissant transformer par l’Esprit. Il sait que le ministère dont il est responsable ne lui appartient pas. Il ne se conduit donc pas en propriétaire et est capable de s’oublier lui-même pour le bien de la communauté. Cependant, il ne faut pas attendre d’être parfait pour servir Dieu sinon Il ne nous l’aurait pas demandé, sachant bien que nous ne le serons jamais. Il suffit de donner le meilleur de nous- mêmes et de vouloir toujours s’améliorer.

Pour servir Dieu, il faut beaucoup compter sur l’Esprit qui supplée à nos faiblesses plutôt que de compter sur nos compétences. Dieu qui nous a créés nous aime autant dans nos fragilités et peut-être encore plus que dans nos forces. Ayons l’humilité de le servir avec ce que nous sommes; nos dons naturels quels qu’ils soient et ceux que nous avons acquis tout au cours de notre vie, sans rêver à ceux que nous aurions voulu avoir. Faisons nôtre la prière de Marie, en étant « les affamés qu’Il comble de biens et non les riches qu’Il renvoie les mains vides. »( Luc 1,47-55)

Graziella Lapierre-Turbide