ESPÉRANCE

En décembre 2020, le Pape François publiait un nouveau livre intitulé :

« UN TEMPS POUR CHANGER – Viens, parlons, osons rêver … »

Fruit des échanges du Pape François avec le journaliste britannique Austen Ivereigh, ce livre a pour objectif de discerner le sens que peut avoir pour nos sociétés la crise de la Covid-19.

Le Pape François termine son livre par un poème qu’il a lu durant le confinement, après l’avoir reçu d’un ami d’Argentine. L’auteur cubain, Alexis Valdés, dit qu’il a écrit Esperanza (« Espérance »)  en une seule fois sans changer les mots comme si Dieu l’avait utilisé comme un canal. Cela s’est propagé de façon virale, émouvant beaucoup de gens, moi y compris  déclare le Pape François. Il capte le chemin vers un avenir meilleur que j’ai essayé d’exprimer dans ce livre.

 ESPÉRANCE

Quand la tempête sera passée
Les routes apprivoisées
Nous serons les survivants
D’un naufrage collectif.
 
Avec le cœur en sanglots
Et une destinée de grâces
Nous serons heureux
Simplement d’être en vie.
 
Et nous serrerons dans les bras
Le premier étranger
Et nous remercierons le sort
D’avoir gardé un ami.
 
Et puis nous nous rappellerons
Tout ce que nous avons perdu
Et nous apprendrons enfin
Tout ce que nous n’avions pas appris.
 
Nous n’envierons plus
Car tous auront souffert
Et l’oisiveté, nous ne l’aurons plus,
Mais bien la compassion.
 
Le bien commun aura plus de valeur
Que tout ce que nous avons obtenu
Nous serons plus généreux
Et tellement plus engagés.
 
Nous comprendrons la fragilité
D’être vivant
Nous exsuderons l’empathie
Pour celui qui est resté et celui qui est parti.
 
Le vieil homme nous manquera
Qui mendiait une pièce sur le marché
Dont le nom restera un mystère
Et qui toujours était à tes côtés.
 
Et peut-être que le vieillard miséreux
Était ton Dieu dissimulé
Jamais tu n’as demandé son nom
Tant tu étais pressé.
 
Et tout deviendra miracle
Et tout deviendra héritage
Et la vie sera respectée,
La vie que nous avons gagnée.
 
Quand la tempête sera passée,
Je Te demande, Dieu, du fond de la honte
Que Tu nous rendes meilleurs,
Ainsi que Tu nous as rêvés.
 
Alexis Valdés, Esperanza, 2020. Traduit en français par Natalia Trouiller et Caroline Potjes.
 
Micheline Vaillancourt Gagnon    9 juin 2021