Dieu: « Père Poule »

par Graziella Lapierre-Turbide 

Ça, ce n’est pas moi qui le dis. J’ai trouvé cette étrange idée dans l’Évangile, celui de saint Matthieu et celui de saint Luc. Voyez vous-mêmes les mots qu’ils mettent dans la bouche de Jésus: « Jérusalem, Jérusalem que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une POULE rassemble ses poussins sous ses ailes et tu n’as pas voulu ». Matt.23,37 et Luc,13,34-35.  En fait, l’idée est-elle si étrange? Quand  on sait que la Bible proclame du début à la fin que Dieu est le Rassembleur par excellence et qu’Il veille jalousement sur ses protégés. Jésus dira de Lui « qu’IL laisse ses 99 brebis dans l’enclos pour aller à la recherche de celle qui s’est égarée « Luc 15,3-7.

N’est-ce pas Dieu qui a pris  l’initiative de se faire connaître, de se révéler comme un Dieu qui prend soin de ses créatures? Aussi dans l’Ancien-Testament, nous Le voyons se choisir un peuple, l’entourer, le choyer et faire alliance avec lui. Et Israël a beau lui être infidèle, adorer d’autres dieux, Lui, Il pardonne, Il oublie les infidélités, rassemble de nouveau son peuple et le ramène du joug qu’il s’était lui-même fabriqué.  C’est que lorsque Dieu s’implique, Il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Après avoir envoyé les prophètes qui n’ont  pas été écoutés, Il envoie son Fils en se disant, Lui, il sera sûrement écouter. Et nous savons ce qui est arrivé. Jésus est mort parce que ses paroles dérangeaient les riches et défendaient les petits, les pauvres . C’était menaçant pour le pouvoir établi. Mais Dieu l’a ressuscité et sous la mouvance de l’Esprit Saint, ses disciples ont poursuivi sa mission. C’est ainsi que l’Église est née. Des communautés ecclésiales se sont mises à pousser chez les nations, sous la direction d’un Pierre, d’un Paul et des autres apôtres. Ce furent les premiers chrétiens. Ils se rassemblaient pour prier, partager, s’entraider, vivre la communion fraternelle. On les reconnaissait à l’amour qu’ils se témoignaient les uns, les autres. Pourrait-on en dire autant de nous? Pourtant pour Dieu c’est tout ce qui compte. C’est sur l’amour que nous aurons eu les uns pour les autres que nous serons jugés lors du dernier grand rassemblement de la fin des temps. Y pensons-nous assez souvent?

Dieu nous aime et sa plus grande joie, c’est de voir ses enfants se comporter comme des frères et des soeurs qui s’aiment, c’est pourquoi Il désire que nous fassions partie de sa famille et nous chrétiens, de son Église, chacun, chacune dans notre communauté paroissiale locale. Pour nous paroissiens de St-Jean XXIII, c’est ici que nous sommes invités à vivre les 5 essentiels de la vie chrétienne dont  la COMMUNION FRATERNELLE notre présent sujet.

Quand on fait partie d’une famille, il est normal que chacun fasse sa part, il en est ainsi dans la communauté. Chacun se doit d’apporter sa contribution. D’ailleurs c’est le seul moyen de s’intégrer vraiment à la communauté, sinon on reste spectateur indifférent et celle-ci risque de devenir le dernier de nos soucis.  À  nous d’y trouver notre place et nous verrons grandir notre intérêt et notre amour pour elle.

Vivre la communion fraternelle, c’est avoir la préoccupation de garder l’unité qui en est le coeur. Jésus a prié pour  l’unité. « Que tous soient un comme toi, Père tu es en moi et que je suis en toi. » Jean 17,21. Pour notre plus grand bonheur, nous sommes toutes et tous différents. Chacun(e) a sa personnalité, son origine, ses goûts, ses talents. C’est ce qui fait notre richesse et notre beauté mais inévitablement crée aussi des divergences. Cela n’est pas nécessairement négatif et peut même devenir source de vie nouvelle car nous oblige à approfondir notre foi, à revoir nos motivations,  à nous centrer sur l’Essentiel. Évitons de rester figer sur ce qui nous divise et regardons plutôt ce que nous avons en commun et qui nous rassemble.

Tout en préservant la vérité, la justice et l’amour, veillons  à ce que la paix et l’unité fassent partie de nos priorités. L’Esprit Saint est le lien qui nous unit, demandons-Lui de nous aider à discerner dans les moments de doute et d’incompréhension. Souvenons-nous que la prière est essentielle pour vivre dans la COMMUNION FRATERNELLE .

Graziella Lapierre-Turbide