À notre dernière soirée de prière, nous avons abordé les sujets de la vieillesse et de la mort.

As-tu remarqué combien on ne veut plus parler de ces mots-là?

On veut tellement rester jeune à tout prix qu’on oublie qu’il y a aussi des cadeaux cachés dans la vieillesse.

C’est vrai que la vieillesse est remplie de pertes : on perd nos forces, on perd la mémoire, on perd des êtres chers, les « petits bobos » sortent.  Mais c’est tellement plus que ça! Et si la vieillesse était une étape vers la sérénité, vers la tendresse?

Et si la vieillesse était l’étape ou l’on apprend à se réconcilier avec son passé, à accepter de voir sa vie en toute vérité, avec ses bons coups et ses moins bons coups, sans culpabilité, sous le regard d’amour de Dieu?

Le Père André Daigneault, dans son livre « Le long chemin vers la sérénité », raconte cette histoire vraie :

Un jour, une grand-maman bénévole, qui visite des mourants à l’hôpital, entre dans la chambre d’une femme dans la cinquantaine. Elle semblait angoissée et voulait absolument se confier à quelqu’un.

Aussitôt, elle commence à raconter sa vie.

– « Vous savez, je n’ai pas été une bonne fille. J’ai fait la vie comme on dit ».

Elle avoue humblement avoir vécu une jeunesse turbulente, typique de la fin des années 60 et du début des années 70. Elle avait pourtant été élevée dans une famille très chrétienne, mais avait laissé tomber tous ses principes moraux et religieux, et n’avait plus jamais pratiqué sa religion depuis son adolescence.

La grand-maman l’écoutait avec un visage plein de bonté. La femme lui demande:

– « Combien avez-vous eu d’enfants ? »,

La grand-maman répond:

  • « Cinq enfants. »
  • « Êtes-vous heureuse? »
  • « Oui, je suis heureuse. »

Et après un long silence, la femme éclate en sanglot…

À travers les larmes elle dit:

  • « J’ai été trop égoïste, je me suis toujours préférée. J’ai fait de nombreux voyages. Je me suis payé du bon temps. Je n’ai eu qu’un seul enfant, mais j’aurais pu en avoir d’autres. Qu’est-ce qu’il me reste maintenant? J’ai manqué ma vie! »

La grand-maman se penche alors vers Ia femme, elle la prend dans ses bras et lui redit cette parole de la première Épitre de saint Jean:

« Si ton coeur te condamne, Dieu est plus grand que ton coeur. »

Cette femme, sur son lit de mort, avait besoin de se révéler, elle avait besoin de quelqu’un qui lui dise, par son accueil et son écoute:

« Tu n’étais pas totalement ces bêtises dont tu parles. Il y a autre chose en toi… l’enfant pure en toi n’est pas morte. Elle peut revivre, même au seuil de la mort. »

Et cette bonne grand-maman, avec délicatesse et respect, lui fait rencontrer un prêtre. La mourante reste seule avec le prêtre pendant une bonne heure, se confesse, reçoit la communion, assiste à une messe dans sa chambre et se transforme littéralement en quelques heures : une paix l’envahit, une sorte de lumière éclaire son regard.  Elle demande un chapelet, qu’elle n’avait jamais redit depuis son enfance, et meurt quasi transfigurée par une lumière intérieure.

Si tu te reconnais dans cette histoire, je t’invite à prier avec moi :

« Seigneur, aide-moi à me réconcilier avec mon passé. Aide-moi à me pardonner à moi-même. Ma vie aurait pu être mieux, mais c’est le mieux que j’ai pu faire. Je te donne tout. Je jette tout dans l’océan de ta miséricorde. Je m’abandonne à toi. Je te demande que cette dernière étape de ma vie soit remplie de sérénité, de paix et de tendresse. »

C’est la grâce que je te souhaite.